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• Les réfugiés en France
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Après la prise de Barcelone par le Général Franco et son armée, le 26 janvier 1939, la France doit faire face à l’afflux massif des combattants de l’armée républicaine espagnole, de civils et des combattants des Brigades Internationales. C’est donc dans l’urgence qu’une dizaine de camps vont s’ouvrir en France méridionale. Le camp de Gurs est édifié en 24 jours, au printemps 1939, dans les Pyrénées Atlantiques Le 2 avril le camp est officiellement ouvert. Il accueille dans un premier temps les combattants de l’armée républicaine et les combattants des Brigades internationales. Cet emplacement n’a pas été choisi au hasard, loin des zones urbaines, il ne se trouve qu’à une dizaine de kilomètre de la gare d’Oloron, au bord d’une route nationale. Il est donc facile d’accès aussi bien pour les trains acheminant les républicains d’Espagne, que pour le ravitaillement. De plus Gurs relève de la circonscription du maire d’Oloron, Georges Mendiondou, seul député du Front Populaire des Basses Pyrénées, et seul élu en faveur de l’aménagement du camp. La construction :L’administration départementales des Ponts et Chaussés construit aux mois de mars-avril 1939 une ville en bois d’une capacité d’accueil de 18 500 personnes. Les baraques sont situées de part et d’autre de l’allé centrale du camp ; longue de deux kilomètre elle est la seule surface goudronnée. Les 428 baraques que compose le camp s’implantent sur 79 hectares, divisés en 13 îlots. Chaque îlot est ceinturé de barbelés. Gurs est construit sur les mêmes modèles que les autres camps de la région, les baraques du camp sont en bois et sont très mal isolées. Conçues pour un hébergement provisoire, elles protègent peu du froid et de la pluie. Chaque baraque mesure 24 mètres sur 6 et est prévue pour 60 internés environ. Les installations sanitaires sont communes à l’îlot, tout comme la cuisine. Les réfugiés :"L’armée internée" Source: USHMM, Courtesy of Hanna Mayer-Moses Le 22 juin 1940 l’armistice est signé, le gouvernement de Vichy prend le pouvoir et l’administration de Gurs passe des mains de l’armée à celles de civils. La plupart des internés sont alors libérés, les autorités nouvellement en place étant complètement dépassées par la situation et l’état de délabrement avancé du camp. Les ressortissants allemands ne sont désormais plus assimilés à une population ennemie, du fait de l’armistice, et se dispersent dans la vallée. Le camp est presque vide, et dans un état d’abandon tel que tout le monde pense le voir fermer définitivement. Il en a été décidé autrement par le gouvernement de Vichy. On assiste à plusieurs vagues d’internement à Gurs. La première date du 22 Octobre 1940, ce sont 6 538 juifs originaires du Pays de Bade, de la Sarre et du Palatinat, qui après avoir été expulsés d’Allemagne sont internés dans le camp du Béarn. Le gouverneur ( Gauleiter) du pays de Bade ayant aussi été nommé gouverneur d’Alsace, il put s’informer et remarquer que Gurs était presque vide. Ce sont en majorité des personnes âgées et des enfants qui n’ont pas pu suivre le mouvement d’exode de 1938 qui se sont retrouvés pris dans les rafles d’octobre 1940. Cette déportation s’inscrit dans la réalisation du plan « Madagascar » prévoyant de faire de l’île un immense ghetto juif. Ce plan ne fut pas appliqué. Entre le 25 et le 31 octobre, ce sont 7 010 hommes et femmes déjà internés dans d’autres camps du Sud de la France qui y sont transférés. (St Cyprien, Rivesaltes, Récébédou, Noé, les Milles.) ![]() source: AD64 C’est en vertu des lois des 3 et 4 octobre 1940 que Gurs se spécialise dans l’internement des juifs étrangers. Le régime de Vichy durcit sa politique antisémite. Pour toute les femmes allemandes, qui n’étaient pas parties en juillet 1940 ; ne sachant pas où aller et qui pensaient être dans une sécurité relative au camp ; le piège se referme irrémédiablement. Le délabrement des baraques humides, le froid, le désespoir sont les causes de près de 800 décès à Gurs pour l’hiver 1940. Presque tout aussi nombreux que les transférés de St Cyprien, arrivent à la fin de l’été 1942, les juifs victimes des rafles de la zone libre. Le 23 novembre 1942, la population du camp de Rivesaltes est entièrement transférée à Gurs. En définitif ce sont tous ceux désignés par l’administration française comme «étrangers en surnombre dans l’économie nationale» qui sont internés à Gurs de 1940 à 1943. En août 1942, la radicalisation de la politique de Vichy se traduit aussi en zone libre par le départ des premiers convois vers les camps d’exterminations nazis. Le 6 août, 850 personnes sont déportées via Drancy vers les camps de la mort. Deux jours plus tard, 800 autres internés partent pour une « destination inconnue », en tout 1 457 personnes sont de la même manière déportées depuis Gurs entre le 24 août 1942 et le 3 mars 1943. Dans cette même période le camp enregistre 1 038 décès et 910 évasions. A cela s’ajoute les 12 000 Gursiens transférés dans d’autres camps du Sud de la France, qui ont été eux aussi majoritairement déportés à Auschwitz. A la fin de l’été 1943 le camp abrite encore une centaine d’internés, si la dissolution semble proche. Il faut attendre le «coup de main de la Résistance» du 25 septembre 1943, où deux groupes de maquisards vont neutraliser les gardes du camp et s’emparer de toute l’artillerie entreposée dans l’armurerie du camp, pour que le ministère de l’intérieur constate l’impossibilité de protéger plus longtemps le camp et décide de sa dissolution le 1er novembre 1943. Si aucun interné ne vit à Gurs, les camps n’est pas pour autant fermé, 4 îlots et les quartiers administratifs restent ouverts dans l’éventualité d’une réouverture. Le 9 avril 1944, un groupe de Gitans est interné dans l’îlot J. En provenance du camp pour nomades de Saliers récemment fermé. Environ 78 Gitans jugés, par une administration peu pressée d’en finir avec les camps, comme des indésirables se retrouvent à Gurs. Le 5 juin ils sont rejoints par un groupe de 151 femmes en provenance de Brens. Devant l’état lamentable des baraques, le groupe commence à y mettre le feu ; le chef de camp, dépassé décide de les interner à l’hôpital central. Gitans et Brensoises s’évadent le 25 juin, alors que l’armée allemande attaque le maquis de l’hôpital Sainte Blaise. De la libération au 31 décembre 1945, le camp est dans la confusion la plus extrême, les Résistants ont pris le contrôle et pourtant le chef du camp est toujours en place. Fin août 1945 on y enferme des prisonniers de guerre allemands aux côtés desquels on enferme les guérilleros espagnols ayant trouvé refuge en France après leur tentative de soulèvement de l’Aragon contre Franco. On rajoute aussi à ses guérilléros, 1 585 « petits collabos », généralement des petits trafiquants qui ont tiré profit du marché noir. Le 31 décembre 1945 Gurs ferme définitivement. |
Le camp de Gurs
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Nous étions indésirables, en France une enquête familiale
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photo d'identité de Ruth Zarnicer, camp de Gurs.source: USHMM, Courtesy of Ruth Zarnicer |


