Quantcast chronique du procès Barbie
fr - en - de

Deuxième semaine


L'article de la semaine

Semaine 1

Semaine 3

Semaine 4 

Le 18 mai 1987 débute la deuxième semaine d’audience du procès Barbie.
Auditionnés cette semaine, les survivants/victimes/témoins des atrocités commises par Klaus Barbie, grand absent de la cour d’assises.
Attardons-nous sur trois éléments plus ou moins développés durant cette deuxième semaine.
Cela permettra peut-être à un public non averti de s’interroger sur le traumatisme de la perte, de l’impossibilité de faire le deuil et donc d’en sortir.

plantu4_barbie
dessin de presse par Plantu.


Ils ont interrogé les morts.


Le premier élément c’est une lourde pile de dépositions, présentées devant la cour par un huissier, qui a la tâche de rapporter les témoignages des survivants, dont la vie s’est arrêtée avant ce procès tant attendu. Pour témoigner contre Barbie, contre la barbarie et le nazisme, pas moins de quinze personnes se succèderont cette semaine, alors pourquoi interroger les morts ?
Parce que ces morts là, doivent être entendus pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance de témoigner. Si le devoir de mémoire est important, il est primordial d’écouter avant tout autre, les témoins, ces hommes et femmes qui ont vécus pour s’acquitter de ce devoir de survivant. A bien des endroits, c’est un moment douloureux pour qui veut percer l’épais silence, et tout autant que celles des vivants, toutes leurs voix comptent.

Les morts abstraits.


Mercredi 20 mai 1987, une question importante a été soulevée par un témoin que le Président Cerdini a bien voulu écouter « à titre de renseignement », Michel Goldberg, enfants de déporté disparu.
Son témoignage reste centré sur « une spécificité propre aux enfants de déportés » la privation du deuil. Il rapporte que sa fille lui demande un jour « pourquoi ne va-t-on pas sur la tombe de ton papa ? » Parce qu’il n’y pas de tombe. Un journaliste de Lyon matin a écrit à ce propos, que quand il n’y a pas de tombe, il n’y pas de mort. Que reste t-il a part l’absence et une impossibilité quasi-totale de faire la paix avec le passé ?

La vertu thérapeutique du procès.


Ce témoignage apporte à l’audience un élément que certains pourraient qualifié d’anecdotique. Michel Goldberg avoue avoir traqué à titre personnel Klaus Barbie, en quête de vengeance. Il le retrouve à La Paz, se fait passer pour un journaliste, mais le moment venu, n’arrive pas à presser la détente. La vengeance ne suffit pas, la vengeance n’apaise pas, devant ce monstre d’égo qui se dit avoir été « plus puissant qu’un général », Michel Goldberg ne ressent plus de haine, que du mépris. Il dit comprendre alors, être « d’une race différente », le terme est certes maladroit, mais l’idée est juste.
Un dernier élément, pour revenir à ces témoins vivants évoqués plus haut, est l’unanimité de leurs opinions concernant Barbie et son procès ; le sort réservé par la cour à l’ancien dirigeant nazi leur importe peu. Barbie ne les intéresse que par le système qu’il représente, selon Henri Bulawko, qui ajoute « quel châtiment peut-on trouver pour un homme qui a tué un enfant ? »
Ce procès se doit donc d’être une référence pédagogique, et si les dépositions des personnes décédées avant le procès rendaient hommage aux disparus des camps, c’est pour les générations futures que les victimes du nazisme se succèdent à la barre de la cour d’assises. Pour qu’à chaque fois que plane l’ombre du nazisme sur un peuple, que tous puissent la reconnaître.


Semaine 2:

18 mai 1987-22 mai 1987

18 mai : Evocation du départ du 11 août 1944 du dernier train qui quitta Lyon pour les camps de la mort avec plus de 600 déportés.
19 mai : Audition d’Alfred Streim et Rudolf Holtfort, magistrats allemands.
20 mai : Audition des témoins victimes de Klaus Barbie :
  • Lea Katz-Weiss
  • Eva Gottlieb
  • Michel Goldberg
  • Henri Bulawko
  • David Luksenberg


21 mai : Audition des témoins victimes de Klaus Barbie, suite :

  • Gilberte Levy-Jacob
  • Mme Rosenfart
  • Mme Grinzpan
  • Victor Szulklaper
  • Michel Kroskof-Thomas
  • Elie Nahmias


22 mai : Audition des témoins victimes de Klaus Barbie, suite :

  • Irène Claire
  • Lise Lesèvre
  • Simone Kadosche-Lagrange
  • Enna Vitte-Léger
  • M. Srul Kaplon
  • Marcel Stourdze
Voir l'article de la semaine

 



$virtual_page = "documents";