Quantcast Chronique du procès Barbie troisième semaine
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Troisième semaine

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L'article de la semaine

Semaine 4 


 

Les témoignages se poursuivent durant cette troisième semaine d’audience à Lyon, qui a vu le retour dans le box des accusés du tortionnaire Klaus Barbie, forcé à comparaître par le Président Cerdini le 26 mai 1987. Quatre témoins se succèdent le 27 mai pour rapporter devant la cour et l’accusé les conditions de l’arrestation, la déportation et l’exécution des 44 enfants et 7 adultes de la colonie d’Izieu. Nous retiendrons deux témoins essentiels à ce procès. Témoignages emplis d’émotion, les deux survivants de la rafle, Léon Reifmann qui réussit à s’échapper par une fenêtre de la maison, et Léa Feldblum, survivante des camps, témoignent de la présence de Barbie à Izieu.

Il était important pour l’accusation d’obtenir le témoignage de témoins directs de cette rafle afin de corroborer le télex d’Izieu, et de confirmer la présence et la responsabilité de Klaus Barbie.


Une fois cette responsabilité prouvée dans les faits, car Barbie était le chef de la section IV de la Sipo SD à Lyon, intervient un autre témoignage, indirect mais tout aussi important. Mme Sabine Zlatin prévenue à temps de la rafle ne s’est pas jetée dans le piège et donc n’était pas présente au moment des faits. Son témoignage exprimé avec colère à la barre, décrit clairement la nature de ce crime :

« Barbie à toujours dit s’occuper des résistants et des maquisards, je demande, les enfants, les 44 enfants, c’était quoi ? C’était des résistants, c’était des maquisards ? C’était des innocents. ».

 

Sabine Zlatin par ses quelques mots de révoltes, esquisse un des premiers éléments pour définir la rafle d’Izieu en tant que crime contre l’humanité1.

 

 

André Frossard, résistant catholique jeté dans la baraque aux juifs de Montluc parce qu’une de ses grand-mère était juive, témoigne de l’histoire de cet homme pris en grippe par un officier SS qui, jusqu’au dernier moment avant de l’exécuter lui fît répéter : « le juif est un parasite qui vit sur le dos du peuple aryen et qu’il faut exterminer. » Pour Frossard, l’humiliation précédant la mise à mort donne à ce crime la dimension de crime contre l’humanité. L’atteinte portée à la dignité de l’homme par cet officier SS manifeste le mépris de l’idéologie nazi pour la vie humaine

 

Et lorsque Lucien Margaine témoigne le 26 mai, de la présence de Barbie sur le quai lors de son départ en déportation ; et rapporte devant la cour que Barbie lui aurait dit : « toi tu seras N.N 2, là ou je t’envoie, n’importe comment tu n’en reviendras pas. »

Cela prouve bien que Barbie était conscient qu’il envoyait tous ces gens à une mort certaine. Précisons qu’au moment du procès Barbie, la traque et la déportation des résistants comme l’était M. Margaine, entre dans le cadre des crimes de guerre et non de crime contre l’humanité, tandis que la politique d’extermination nazi visait de la même manière les juifs, les opposants politique armés ou non. On peut donc conclure que la déportation des enfants juifs d’Izieu constitue en soit un crime contre l’humanité, car Klaus Barbie, responsable de cette rafle était totalement conscient d’envoyer toutes ces personnes vers les camps d’extermination.

 


 

Semaine 3

25 mai 1987-27 mai 1987

25 mai : Audition des témoins victimes de Klaus Barbie :
  • Angelina Coral
  • Régine Skorka
  • André Frosard
  • Lucien Margaine
  • Mario Blardone
  • Jérôme Scorin

26 mai : Audition des témoins victime de Klaus Barbie, suite. Confrontation avec Klaus Barbie forcé à comparaître:
  • Raymonde Guyon
  • Lucien Margaine
  • Mario Blardone
  • Robert Clor
  • Vincent Planque
  • Charles Fralent

27 mai ; Audition des témoins victimes de Klaus Barbie, suite. Evocation de la rafle des 44 enfants juifs d’Izieu.
  • Sabina Zlatin
  • Léa Feldblum
  • Léon Reifmann
  • Julien Favet.
1Le concept de crime contre l'humanité est un concept ancien, mais il apparaît pour la première fois en tant que notion proprement juridique en 1945 dans le statut du Tribunal militaire international de Nuremberg (art.6, c). Cette apparition est la conséquence de la volonté de juger les responsables des atrocités exceptionnelles commises pendant la Seconde Guerre mondiale comme la Shoah. Ce principe sera également retenu quelques mois plus tard pour assigner des hauts dirigeants du régime showa devant le Tribunal de Tokyo. Le concept est donc fortement ancré dans un contexte historique particulier.
Il appartient pourtant aujourd'hui aux concepts fondamentaux du droit. Cristallisant de nombreuses passions, la définition de cette qualification ne s’est faite que lentement au cours des quarante dernières années.

Aujourd'hui, le crime contre l’humanité est devenu un chef d’inculpation beaucoup plus large et mieux défini grâce à l’article 7 du statut de Rome de la Cour pénale internationale, mais il demeure sujet à controverses.
2Les directives sur la poursuite pour infractions contre le Reich ou contre les forces d’occupation dans les territoires occupés (Richtlinien für die Verfolgung von Straftaten gegen das Reich oder die Besatzungsmacht in den besetzten Gebieten) sont un décret du 7 décembre 1941 signé par le maréchal Wilhelm Keitel et ordonnant la déportation pour tous les ennemis ou opposants du Reich, dans le cadre de dispositions dites « Nuit et brouillard » (en allemand « Nacht und Nebel », NN). En application de ce décret, toutes les personnes représentant un danger pour la sécurité de l'armée allemande (saboteurs, résistants) seraient transférées en Allemagne et disparaîtront dans le secret absolu.
Nacht und Nebel fait référence à l'opéra de Wagner L'Or du Rhin, dans lequel Alberich, coiffé du casque magique, se change en colonne de fumée et disparaît tandis qu'il chante « Nuit et brouillard, plus personne. » (« Nacht und Nebel, niemand gleich. »).

Le travail d'extermination des « peuples inférieurs » concernait aussi leur existence passée, et tout document la mentionnant (livre, pièce administrative, photo, œuvre d'art) était détruit de la même manière.

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Bibliographie:

Le crime contre l'humanité, sous la direction de Marcel Colin,
ed. érès, 1996
Dictionnaire de la Barbarie nazie et de la Shoah, Daniel Bovy,
ed. Luc Pire, les voix de la mémoire, 2007


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